Dans une courte biographie qui lui était demandée en 1989
Jean Françaix se racontait ainsi :
Jean Françaix est né en 1912, au Mans, ville célèbre
par sa Course Automobile des 24 heures, mais chère à notre Musicien
parce qu'elle recèle une Cathédrale magnifique, qui lui a inspiré
son Oratorio fantastique "L'Apocalypse
selon Saint Jean".
Sa famille, cent pour cent musicienne, encadre ses dons avec soin ; de sorte
qu'à douze ans il connaissait toute la musique, de Domenico Scarlatti,
qu'il adore, jusqu'à Ravel. Il remporta à 18 ans le Premier Prix
de Piano au Conservatoire de Paris et devint l'élève de Nadia
Boulanger. Elle lui inculqua le sens de la forme, de l'architecture vivante
que sont les uvres des Maîtres.
Son "Concertino pour piano et orchestre"
le fit connaître dès 1932. L'année suivante furent représentés
à Monte-Carlo ses deux premiers ballets, dont "Scuola
di Ballo" qui remporta un grand succès. Huit autres ballets suivirent,
dont "Le Roi Nu" qui fut
monté à l'Opéra de Paris par Serge Lifar : "Les Demoiselles
de la Nuit" et "La Dame dans
la lune", par Rolland Petit, etc.
Jean Françaix compose la musique d'une dizaine de films, dont "Les
perles de la couronne", "Si
Versailles m'était conté", "Napoléon",
"Si Paris m'était conté", de Sacha Guitry. Il a aussi
fait représenter deux opéras, "La
Princesse de Clèves", d'après Madame de La Fayette, et
"La Main de gloire", d'après
la nouvelle de Gérard de Nerval. Il a composé des "Concerti"
pour chacun des instruments de l'Orchestre classique, ainsi qu'un grand nombre
d'autres pour Musique de Chambre.
Il a joué seul ou à deux pianos avec sa fille Claude, ses uvres
pianistiques avec les plus grands Chefs, de Charles Munch à Herbert von
Karajan. A 77 ans, il continue à composer sans trêve, "buvant
dans son propre verre", hors toute mode et tout snobisme.
Jusqu'à sa mort, survenue à Paris le 25 septembre 1997, Jean Françaix poursuivit sans
discontinuer ses activités de compositeur et de pianiste.